Pix by Angel
_Flash Back
Sophia: Père! Comment osez vous me faire ça?
Père: Mais voyons ma chère enfant vous paraissiez si complice sur la piste de danse je n'ai pu résister à lui dire oui!
Sophia: Mais je ne l'aime pas! Comment voulez vous que je me marie avec cette homme sans charme et à l'humour déplacé!
Père: Vous êtes buttée ma chère!
Sophia: Mais pourquoi vous ne m'avez pas consulté avant?
Père: Vous n'avez pas à décider!
Ses joues s'empourprèrent, elle avait toujours été en accord avec les décisions de son père jusqu'à présent, mais sa vie s'écroulait. Comment pouvait elle vivre sans amour avec cette homme qu'elle méprisait ? Ses yeux la piquait, sa tête lui faisait mal, sa voix c'était éteinte, elle tourna les talon et partit en courant traversant plusieurs couloirs ne sachant pas où cette course folle allait l'emmener.
Elle s'arrêta dans un couloir, et, les larmes perlant à ses paupières, s'adossa contre le mur et finit par y glisser et s'asseoir au sol. Sa robe ne paraissait plus aussi jolie qu'avant et ses cheveux bien attachés en un chignon haut l'exaspéraient. D'une main, elle arracha la pince qui les retenaient et enfouie sa tête dans ses genoux. Elle connaissait le milieu, elle savait qu'elle était destinée à être mariée dans l'année. Son père était en pleine campagne électorale et sa s½ur était trop jeune encore pour être mariée. Si elle avait été autant éduquée, cela devait bien servir. La parfaite petite femme... Elle savait coudre, jouer du piano, dessiner, danser, parler plusieurs langues, préparer des réceptions, diriger une maison, s'occuper d'enfants...
Ce n'était pas ce qu'elle voulait... Tout ça... Etre comme les autres, comme sa mère. Peut être que ça leur convenait à elles, les jolies robes, les journées oisives à attendre un homme qu'elle n'aimait pas vraiment. Sophia voulait tellement plus. Elle releva son visage baigné de quelques larmes qui roulaient sur ses joues de porcelaine. Les notes de piano retentissaient encore dans la maison. Le groupe de musicien de la soirée ne devait pas encore être parti. Essuyant négligemment son visage, elle se releva, sa longue robe tournant autours d'elle. Elle fit quelques pas, les seuls sons qui pénétraient ses oreilles étaient le froissement du tissu sur ses jambes et les notes de piano.
Elle arriva dans le Grand salon, la salle de bal de leur immense demeure Parisienne et resta près de la porte. Il était seul sur l'estrade. D'autres musiciens rangeaient les instruments plus loin, mais lui, profitait encore quelques minutes du magnifique piano de la famille de Sophia.
A ce moment là une sensation semblable a celle qu'elle avait ressentie quelques heures auparavent l'envahit, elle avait entendu énormément de pianistes malgré son jeune age, passionnée par la musique et les arts, elle était fasciné par ce milieu d'hommes et de femmes se disant libre, proclamant les vertus d'une vie de bohème faite d'amour et de passion. Mais une fausse note vint à son oreille, pourquoi arretait-il de jouer? En une fraction de seconde elle avait réussi à oublier le mal qui la rongeait.
Sophia: Mais je vous en prie continuez !
Remettant comme elle le pouvait ses cheveux et sa robe en place, elle rentra d'un pas décidé dans le salon.
Pianiste: : Je suis désolé madame je ne voulais pas vous importuner.
Il se tenait courbé n'osant pas affronter le regard de la fille du maître des lieux.
Sophia: Si vous ne voulez pas m'offenser, continuez de jouer !
Pianiste: : Je ne puis madame, un jeune homme est venu nous dire de remballer au plus vite.
Sophia: Que je sache je suis votre employeur tout autant que mon père! Je vous demande de jouer!
Le ton de sa voix était bien plus élevé qu'elle ne l'aurait souhaité, mais ses habitudes de petite fille gâtée reprenaient souvent le dessus. Un soupir se fit entendre, résigné, le regard froid, le jeune pianiste aux cheveux d'or se redressa.
Pianiste: : Si madame l'exige...
Le dos droit, les lèvres crispés, les yeux rivés sur les touches il exécuta sans une fausse note la partition numéros 14 de Beethoven intitulé « Moonlight Sonate ». La lenteur du rythme et la mélancolie se dégageant des notes jouées firent se resserrer le c½ur de Sophia, elle se sentait si honteuse d'avoir abusé de son pouvoir sur ce jeune pianiste talentueux. A ce moment la des cris se firent entendre.
Marc:: Je vous avez dit de partir la fête est finie ! Pour qui vous prenez vous ?
Sophia: Non Marc je vous en pris c'est m...
Marc:: Mon dieu Sophia ! C'est lui qui vous a fait ça! Pourquoi pleurez vous?
Sophia: J'essaie de vous dire que...
Marc:: Dehors bon a rien! Toi tu ne seras pas payé pour la peine!
Sophia: Non Marc je...
Marc:: Ne vous en faites pas je ne dirais rien.
Elle n'arrivait pas à parler, le temps qu'elle se retourne le jeune pianiste avait disparu.
Sophia: Je dois y aller...
Elle reprit sa course dans les couloirs pour retrouver cet homme qui l'avait tant bouleversée, ne lui devait elle pas des excuses? Elle traversa tous les étages de sa maison, ses talons hauts et sa longue robe l'empêchait de courir vite. Ses cheveux longs dévalaient ses épaules, sans aucune retenue. Elle n'avait plus la même classe que précédemment, ses parents l'auraient vu ainsi, elle aurait prit un blâme pour ne pas avoir tenu son rôle. Elle retourna dans la salle de bal mais il demeurait introuvable. Exaspérée, elle retira d'une main ses hauts talons qui l'empêchaient de se mouvoir correctement. Sa robe traînant au sol était abîmée, mais Sophia continuait de courir. Elle finit par sortir de la maison et devant la porte, reconnu la voiture des musiciens. Ils étaient en train de finir de charger et le jeune pianiste discutait avec un autre jeune homme.
Elle descendit rapidement les escaliers, consciente de l'improbabilité de cette situation et le silence se fit rapidement dans le groupe de musiciens. Ils la regardaient tous, elle, l'aristocrate Parisienne, aux longues robes et au teint blême, qui avançait vers eux rapidement.
Elle se planta face au pianiste, finalement honteuse de sa tenue et le regarda en tentant de rassembler toute la dignité qui lui restait. Elle leva le menton, se tint droite, et le regarda dans les yeux.
Sophia: Je tenais à m'excuser de la conduite de mon ami tout à l'heure. Il n'avait pas à s'adresser à vous de la sorte.
Pianiste: Vos excuses vont peut être me payer le loyer de ma chambre et me donner à manger ?
Sophia: Je viens m'excuser auprès de vous, dans une tenue peu convenable et vous me répondez de la sorte ?
Pianiste: Il se trouve que je ne vous dois rien, et encore moins le respect vu que je viens de travailler des heures d'affilées pour vous, et que je n'ai rien en échange.
Elle le regarda en arquant un sourcil, moqueuse.
Sophia:Je pensais que les artistes aimaient leur art! Que vivre de leur passion était un besoin vital. N'avez vous pas aimé jouer ? N'avez vous pas apprécié que ces gens vous applaudissent ?
Pianiste: J'apprécierais tout autant de ne pas mourir de faim et dormir dans un lit...
Elle le regarda froidement.
Sophia: Vous voulez de l'argent ? Très bien.
Elle leva la tête et le toisa.
Sophia: Attendez moi ici je ne serais pas longue.
Un silence pesant s'installa autour du jeune homme, certains de ses amis riaient, d'autres était surpris par ce soudain revirement de situation.
Elle grimpa les escaliers, sa robe se déchirant sur les dernières marches. Sans s'en soucier, elle récupéra le chéquier de son père et en arracha une feuille. Le visage haut, elle redescendit et lui tendit le billet en souriant hypocritement.
Sophia: A l'art monsieur. Seule chose non corrompue par l'argent.
Pianiste: : Merci
Sans une honte le pianiste se saisit du chèque qu'elle brandissait sous son nez.
Pianiste: : Au plaisir de ne jamais se revoir madame...
Elle lui adressa un regard furibond et remonta les escaliers avant de claquer brutalement la porte d'entrée.
_fin flash back
Sa jupe légère ondulait au rythme de ses pas lents, elle tenait fermement dans sa main un filet de commission à peine remplit, pourtant sa bourse était déjà vide. La fin du mois d'août était souvent difficile par ici, elle avait été habitué à porter à cette époque de l'année de fin dessous en dentelle brodée, des jupes de mousseline et de fins gilets de soie, mais aujourd'hui elle se contentait de robes rafistolées en coton. Souvent elle avait douté, mais le bonheur matériel n'était rien comparé à ce qu'elle vivait ici. Elle traversa la petite rue St Vincent pour se retrouver devant des barbelés qui abritaient la fameuse vigne de Montmartre. Elle aperçut au loin un petit garçon courir vers elle, d'un signe de la main elle le salua, puis s'assis sur un petit muret de pierres.
Sophia: Alors Léo pourquoi cours tu aussi vite?
Le petit garçon essayait de reprendre son souffle mais le rire reprit le dessus.
Léo: Madame Sophia ! J'ai croisé une jeune dame en bas de la rue, tu sais du coté des bourgeois! Elle achetait une robe pour un beau mariage, je lui ai dit qu'elle était moche! Elle c'est mis à pleurer comme une madeleine !
Sophia regarda le petit garçon. Il avait moins d'une dizaine d'années et avait toujours vécu ici. Seul. Il se débrouillait comme un chef pour survivre dans Paris, volait quand il le devait, attendrissait les passants aussi... Et parfois insultait les bourgeoises.
Sophia: Il ne faut pas être méchant avec les dames mon chéri. Elle ne t'avait sûrement rien fait.
Léo: Oui mais c'est pas juste! Si tu avais vu tous les billets qu'elle a donnés à la dame qui vend les robes. Tu sais ce magasin juste a cotes du vieux bar « Chez pierrot »...
La jeune femme posa une main sur la tête de se petit bonhomme plein de vie, elle lui caressa doucement les cheveux.
Sophia: Oui je vois de quelle boutique tu veux parler, j'y suis rentrer moi aussi, il n'y a pas si longtemps...
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Petit changement de prénom. Thibault devient Marc . Personne n'a été prévenus petit problèmes technique désolé.
a street Princess